N° 122 juin 2014download_icon.gif

ZOOM SUR UNE RÉGION DE GENÈVE : Les Trois-Chêne

Édito :
Préserver L'esPriT Du PLAn DireCTeur Pour ConsTruire rAPiDemenT Des LogemenTs


Par Christophe Aumeunier, Secrétaire général 

 

La mise en place de conditions cadres favorables à la réalisation de loge- ments neufs passe non seulement par une planification territoriale (quelles zones accueillent quelles activités), mais aussi par le relâchement de l'em- prise de l'Etat dans les conditions de réalisation des projets. Il faut informer et inciter plutôt que tenter de contraindre au prix d'efforts stériles.

 

La politique publique à poursuivre visant à mettre suffisamment de loge- ments à disposition de l'ensemble des strates sociales de notre population ne justifie pas l'intervention de l'Etat sur tous les périmètres avec les mêmes instruments et la même intensité. Il faut l'affirmer clairement: ce n'est pas le rôle de l'Etat d'intervenir en tout et partout. A défaut, il péjore ses missions premières.

 

L'interventionnisme trouve notamment ses limites dans la dispersion des efforts. Aujourd'hui, les services de l'urbanisme mènent de front les procédures de quelque 60 à 80 plans localisés de quartier (PLQ). A priori c'est bien et l'on devrait s'en réjouir. Mais s'est-on véritablement posé la question de savoir si c'est toujours utile? Faut-t-il absolument faire usage de cet instru- ment très lent, très lourd et consommateur d'énergie publique et privée? Est-t-il vraiment utile de prévoir, par exemple, des PLQ sur des zones formant les couronnes villageoises? Certainement pas!

 

L'élaboration du Plan directeur du Grand Genève et celle du Plan directeur cantonal sont issues de consensus forts, fondés sur des arbitrages solides tels que la volonté de permettre un développement durable de notre canton en instituant notamment un équilibre entre les modifications de zones en provenance de la zone agricole et en provenance de la zone villa. Ces muta- tions d'affectation doivent néanmoins se faire de manière progressive pour répondre au besoin en logement jusqu'en 2030.

 

Les récentes propositions du département de Monsieur Antonio Hodgers qui visent à envisager le déclassement massif de zones villa occupées par des villas, à refuser toute autorisation de construire dans ces zones pour les cinq ans à venir, à faire usage – sous certaines conditions – de remembrement foncier, d'emption, de préemption et d'expropriation, sont maladroites. Chacune d'entre elles représente de puissants blocages.

 

La construction rapide de logements peut s'appuyer sur les travaux du Plan directeur cantonal qui demande de la part de l'Etat la mise en œuvre de mesures incitatives à la construction. Au contraire de ce qui précède, cette voie pragmatique est rassembleuse. C'est donc tout naturellement que notre association la privilégie.