N° 124 octobre 2014download_icon.gif

ZOOM SUR UNE RÉGION DE GENÈVE : LANCY

Édito


Par Cyril Aellen

 

La population genevoise peine à se loger depuis de trop nombreuses années. Elle
manifeste, légitimement, son mécontentement. Les médias, unanimes, relatent
à intervalles réguliers cette inquiétude. Les autorités admettent ce constat et
affirment vouloir améliorer la situation, mais ont toutefois du mal à se remettre
en cause.

Un mouvement de citoyens a cru discerner dans l'existence de logements vides
un moyen d'atténuer la pénurie de logements. Le constat fut inversement proportionnel
à l'espoir suscité. S'il est exact que des logements vides existaient,
ceux-ci n'étaient pas propres à la location et rien n'a été réellement entrepris
pour lever les blocages mis en évidence.

D'autres ont cru voir en la mauvaise distribution des propriétés par étages sises
en zones de développement un combat prioritaire en matière de logements. Il
en est ressorti une loi extrêmement contraignante et cela n'a en rien résolu le
problème de pénurie.

Le Grand Conseil a, ces derniers jours, voté une loi permettant aux propriétaires
de bureaux vides, à certaines conditions, de les transformer de façon durable
– mais réversible – en logements. Cette mesure vise à améliorer sensiblement
la situation mais il ne s'agit pas de la surestimer. Premièrement parce qu'elle
ne permettra pas la création de logements en grand nombre et deuxièmement
parce ce que cela se fera au détriment d'utiles surfaces commerciales.
En un mot comme en cent, la pénurie de logements ne peut se résoudre que de
deux manières : par l'exode d'une partie de nos concitoyens ou par la construction,
en nombre, de nouveaux logements. La première solution n'est assurément
pas envisageable.

Ce n'est pas la première fois que j'écris de tels propos, mais ceux-ci sont toujours
actuels : il est indispensable de pouvoir compter sur une réelle volonté politique,
sur une adhésion populaire aux grands projets ainsi que, avant tout, sur une
bonne collaboration des différents acteurs économiques et des propriétaires.

Et on ne le dira jamais assez, c'est avec l'engagement de ces derniers et le
respect de leurs droits que de nouveaux logements de qualité pourront être
rapidement mis à disposition de la population.