N° 134 juin 2016download_icon.gif

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ZOOM SUR UNE RÉGION DE GENÈVE : PLAINPALAIS

Édito

Un signe très positif en faveur de la propriété

Par Christophe Aumeunier


Si l’on revient sur la votation populaire du 5 juin 2016 et notre volonté de favoriser l’accession à la propriété pour les locataires, le souhait légitime de pouvoir acquérir un jour son logement a été fortement ressenti au sein de la population genevoise. Chaque jour de la campagne, des soutiens très forts ont été exprimés en ce sens. C’est particulièrement vrai pour les jeunes qui sont toujours plus nombreux à souhaiter devenir propriétaires de leur logement.

Dans la prochaine définition de la politique cantonale du logement, le Conseil d’Etat et le Grand Conseil devront tenir compte du fait qu’une grande partie de la population souhaite que la situation évolue en ce sens.

Genève a un taux de propriétaires très faible avec seulement 17 % tandis que la moyenne nationale est de 34 %, ce qui place la Suisse en queue de peloton au niveau européen. Il s’agit donc de rééquilibrer un peu les choses. C’est légitime et nécessaire. Genève a beaucoup perdu en forçant, faute d’offre suffisante, les candidats à la propriété à s’expatrier en France voisine et dans le canton de Vaud. La cohésion sociale et les recettes de l’Etat en pâtissent lourdement.

La propriété de son logement doit se développer dans notre canton pour répondre aux aspirations de la population. Le moment n’a jamais été aussi bien choisi. Les taux hypothécaires historiquement bas, couplés à des emprunts de longue durée (15 à 20 ans) permettent d’acquérir de manière très sûre et économique. Il est souvent moins cher aujourd’hui d’être propriétaire que locataire. Certains prêteurs hypothécaires banquiers ou assureurs sont entravés par des règles trop strictes de la FINMA qui tendent à diminuer l’offre de crédit. Il n’en demeure pas moins que les offres restent très attractives et que d’autres acteurs favorisent également la dynamique de prêts à moindre coût. Il s’agit, par exemple de certaines caisses de pensions.

Notre faible défaite du 5 juin (48 %) est issue de craintes, à notre avis infondées, en lien avec la protection des locataires.

Un constat s’impose : un mois de campagne est un délai insuffisant pour informer correctement une partie de la population inondée de messages le plus souvent fallacieux qui affirmaient que les locataires risquaient de perdre leur logement. Nous avons toutefois fait une bonne partie du chemin et le débat que nous avons réussi à porter sur la place publique nous est manifestement favorable.

Notre association restera fidèle à sa politique progressiste et nous formulerons certainement dans les mois à venir des propositions pour répondre à la volonté populaire de développer la propriété de son logement.