N° 138 février 2017download_icon.gif

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ZOOM SUR UNE RÉGION DE GENÈVE : CÉLIGNY

Édito

Le développement urbain : des années entre
l’identification du périmètre et la réalisation


Par Anne Hiltpold

Les projets présentés dans cette édition, notamment celui de Bernex Est, sont des parfaits exemples de la complexité du développement urbain dans notre canton.

À Bernex, petite ville de plus de 10 000 habitants, le Canton a identifié un périmètre destiné à se développer sur une très grande zone agricole. C’est ainsi que ce périmètre a été classé en tant que PAC (périmètre d’aménagement concerté) par le plan directeur cantonal 2015 adopté en 2001. Ce classement a nécessité de nombreuses études destinées à vérifier la faisabilité des développements envisagés jusqu’à l’adoption d’un PDQ (plan directeur de quartier). Les autorités cantonales et communales ont travaillé de concert et ont pu constater un réel intérêt général. Les études se poursuivant, il a aussi fallu trouver des solutions du point de vue de la mobilité, l’idée étant de desservir le nouveau périmètre par le tram. Dans l’intervalle, le projet d’agglomération franco-valdogenevois (PAFVG) a identifié le périmètre de Bernex comme un PACA (périmètre d’aménagement coordonné d’agglomération). Des études ont par ailleurs été menées sur le devenir de l’autoroute de contournement (avec implication de l’Office fédéral des routes). En 2013, le plan directeur cantonal 2030 a été adopté et la densité du périmètre a été augmentée par le Canton. Le projet de Bernex a été classé parmi les 10 projets prioritaires du PDC 2030, appelés les Grands projets (secteurs stratégiques dont le développement s’accompagne de processus participatifs et dont le cadre est fixé par un Plan Guide). Le PDQ a été mis à l’étude en 2015 et validé en 2016. Quatre PLQ (plan localisés de quartier) sont désormais à l’examen et des lois pour modifier les zones sont en cours. Si tout va bien, les premiers logements seront mis sur le marché en 2020, soit 20 ans plus tard, et les suivants dans des étapes ultérieures. Ce sera ainsi près d’un quart de siècle qui se sera déroulé entre l’identification du périmètre et sa réalisation.

On peut légitimement s’interroger sur cette durée et sur la complexité du processus. Certes, le nombre d’acteurs concernés est important, à commencer par les agriculteurs qui devraient libérer les terrains en passant par la commune, à qui on demande d’assumer un développement qui influencera d’une manière incertaine ses finances communales, par le canton dont bon nombre de services sont impliqués (urbanisme, protection de la nature, mobilité, aménagement, etc…)  sans oublier les habitants vivant à proximité du périmètre.

De même, on ne déclasse pas des terrains sans étudier de manière approfondie les impacts d’un développement aussi important et il est nécessaire de prendre un temps de réflexion avant de commencer de tels aménagements.

Mais lorsque l’on sait qu’il s‘agit d’une zone agricole, soit a priori sur laquelle on peut construire bien plus rapidement qu’une zone de villas occupées par des familles, on reste dubitatif. La question se pose néanmoins de savoir si notre canton n’aurait pas à prendre exemple sur d’autres. Mais poser la question, c’est y répondre !