N° 141 septembre 2017download_icon.gif

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ZOOM SUR UNE RÉGION DE GENÈVE : RUSSIN

Édito

Baisse du taux hypothécaire : une bonne nouvelle ?

Par Anne Hiltpold

 


Depuis le 1er juin 2017, le taux hypothécaire de référence est à 1,5 %, alors qu’il se situait à 1.75 % depuis deux ans. On se souvient que le taux d’intérêt de référence est établi par le Département fédéral de l’économie en vue de l’adaptation des loyers sur la base des modifications du taux hypothécaire. Ce taux est fondé sur le taux hypothécaire moyen des banques et est toujours arrondi au quart de pour-cent le plus proche.

Cela signifie en réalité que les taux accordés par les banques ont encore diminué, ce qui est de prime abord une bonne nouvelle pour tous les futurs acquéreurs. Néanmoins, lorsque l’on sait que pour une opération de près de 50 logements PPE mis en vente récemment, le promoteur a reçu 1200 dossiers de personnes solvables (ou encore respectivement 1000 et 900 dossiers reçus pour 73 et 83 lots, dans deux autres opérations), on réalise que très peu de personnes pourront profiter de ces taux bas pour acquérir leur logement.

Malgré les restrictions apportées à l’octroi des crédits hypothécaires ces dernières années et avec l’obligation d’habiter le logement posée dernièrement par la « loi Longchamp », il est avéré que toujours plus de genevois souhaitent devenir propriétaire de leur logement et que l’offre ne répond de loin pas à la demande.

Les locataires ont en effet bien compris qu’il était aujourd’hui financièrement plus intéressant d’acquérir son logement plutôt que de le louer. Il s’agit donc de répondre à leur demande et de favoriser l’accession à la propriété de ces personnes en construisant encore plus de logements en PPE (sachant que les prix sont contrôlés en zone de développement), à côté des logements sociaux dont Genève a également besoin. Notre Association oeuvre en ce sens depuis de nombreuses années et continuera à défendre avec force et conviction l’accession à la propriété pour toutes les classes de la population.

Mais cette diminution du taux hypothécaire peut aussi donner lieu à des baisses de loyers, ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle pour les propriétaires bailleurs
dès lors que cela peut conduire à des loyers se situant en dehors de toute réalité économique.

C’est le lieu de rappeler que la corrélation entre le taux hypothécaire et les loyers introduite dans la loi remonte à une époque où les taux se situaient autour des 6 %. Aujourd’hui, elle ne fait plus aucun sens, même pour le Conseil fédéral qui l’a déjà souvent relevé dans ses tentatives de révision du droit du bail.

Plus que jamais, il est l’heure de trouver un système de fixation des loyers qui continue à prévenir des abus, mais qui soit juste et équitable. Sur ce sujet, nous travaillons également à des propositions de modifications du droit du bail en étroite collaboration avec les parlementaires fédéraux.